5ème Proposition

Publié le par Animateur Fédéral

5- Une 6ème république parlementaire passant notamment par le mandat unique

Après la révolte des banlieues, la période que nous venons de vivre avec l’épisode du CPE démontre une fois de plus que notre pays traverse une véritable crise de régime. Sous prétexte de démocratie, le gouvernement impose ces choix, sans écouter la volonté populaire et en passant au-dessus du Parlement par l’usage abusif d’ordonnances et de l’article 49-3 de la Constitution.

L’immense majorité des hommes et des femmes de ce pays souffrent du modèle de société qui leur est proposé, mais ils ne disposent d’aucun moyen d’intervention pour le modifier, l’améliorer, participer à sa transformation. Les syndicats ne sont pas écoutés, le Parlement ne dispose d’aucun droit et ne peut pas peser sur les décisions essentielles. C’est pourquoi le malaise est général, le changement inévitable. Un régime qui ne laisse pas sa place à la contestation, au débat, au dialogue, un régime sourd aux voix qui montent de la base, un régime qui dépossède tout citoyen de son droit de vote ne peut conduire qu’à l’explosion de la violence. En empêchant les femmes et les hommes de jouer un rôle dans la détermination de leur propre destin, on les pousse à s’insurger avec colère contre l’humiliation qui leur est imposée. Ce que réclame ceux qui souffrent le plus dans notre société, ce n’est pas uniquement des améliorations sociales, même si elles sont bien plus que nécessaires. Ce qu’ils réclament aujourd’hui c’est la garantie d’une certaine dignité : dignité dans le travail, dignité dans la société. Les citoyens ont autant besoin d’augmentation de leur niveau de vie que de participation à la société qui est la leur. Pour n’avoir pas compris cela, on a enfermé les femmes et les hommes dans la société du silence et de l’exploitation, une société sans horizon, une société sans espoir. En tant que socialistes, nous devons répondre à ces attentes, nous devons combler ce fossé qui existe entre le peuple et le pouvoir. C’est pour cela que notre première exigence doit être celle de la démocratie. Pierre MENDES-FRANCE le disait déjà il y a 40 ans. « Ceux qui veulent conjuguer l’égalité et la liberté, construire le socialisme à visage humain, doivent toujours mettre et remettre au premier plan le souci et l’exigence de la démocratie politique. »

C’est pour cela que le Mouvement des Jeunes Socialistes milite pour une 6ème République qui, alors que la 5ème est devenue, lors du mouvement contre le CPE, le gouvernement d’un seul, sans le peuple et contre le peuple, réinstaurera de la démocratie dans l’ensemble de la société. Nous militons donc pour un régime primo ministériel qui donnera toute sa place à la représentation populaire qui est le Parlement afin qu’il devienne autre chose qu’une simple chambre d’enregistrement. De la même manière que nous sommes contre la personnalisation de la politique et que nous considérons que ce sont de projets et non des hommes ou des femmes qui doivent être portés, nous considérons que la politique n’est pas un métier. Aussi nous militons pour instaurer le non-cumul des mandats en nombre et dans le temps avec la mise en place d’un statut de l’élu rénové et permettant de donner au plus grand nombre d’accéder aux mandats électifs. Cette exigence de la démocratie ne se limite pas uniquement à la place du Parlement, elle passe aussi par la gestion démocratique des services publics pour assurer leur bon fonctionnement selon un principe de cogestion par les élus, les usagers et les salariés Enfin, comment considérer vivre dans un pays démocratique quand une partie des habitants qui pourtant participe tous les jours à la création de richesse sont exclus de l’exercice du droit de vote. C’est pour cela que nous militons pour le droit de vote des étrangers à toutes les élections dans le cadre de cette nouvelle république.

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