6ème Proposition

Publié le par Animateur Fédéral

6- A l’image du SMIC, instituer un taux interprofessionnel de croissance des salaires, fixé par la puissance publique qui garantisse l’augmentation du pouvoir d’achat de tous les salariés

A l’image du SMIC, instituer un taux interprofessionnel de croissance des salaires qui garantisse l’augmentation du pouvoir d’achat de tous les salariés

Alors que l’économie française ne cesse de se « moderniser », les travailleurs sont de moins en moins rémunérés au regard de la richesse produite. Les salaires s’accroissent moins vite que la productivité du travail or, de ce point de vue, contrairement à toutes les contre-vérités des tenants du « déclin » de la France, notre pays reste l’un des mieux placés des nations industrialisées, l’un des plus « compétitif » au monde Nous ne pouvons nous résoudre à cette sous-rémunération du travail, au regard des performances de l’économie nationale. Il n’y pas de fatalité de telle sorte qu’il ne serait plus possible de peser sur la fixation des salaires dans les entreprises. La société est marquée par l’importance de plus en plus grande prise par les bas salaires et par la paupérisation de beaucoup parmi les travailleurs les moins qualifiés. Face à ce fatalisme que la droite voudrait nous imposer à nous salariés d’aujourd’hui ou de demain, la question salariale est centrale. C’est un impératif social, mais aussi économique tant les conséquences de la déflation salariale sont coûteuses en terme de croissance, c’est également un impératif démocratique, tant la dévalorisation du travail est un des facteurs les plus puissants du désenchantement démocratique et des dangers qui l’accompagnent. C’est pourquoi, il nous faut inventer de nouveaux instruments d’action.

Ainsi, nous proposons qu’à l’image du SMIC, un taux interprofessionnel de croissance des salaires qui garantisse l’augmentation du pouvoir d’achat de tous les salariés soit institué.

Il s’agit en effet de remonter le niveau des rémunérations à tous les échelons de la grille des classifications. Cela permettra d’augmenter globalement les revenus du travail, et pas seulement pour les bas salaires, et de répondre à l’éclatement des statuts et à la logique de l’individualisation des salaires développée par les entreprises. Cela passe par :
-   Un ajustement automatique des minima conventionnels au niveau du SMIC
-   Une limitation du recours à la part variable dans les salaires au détriment du salaire fixe
-   L’égalité salariale entre les femmes et les hommes

Mais on ne pourra assurer un avenir au modèle social français que par une négociation globale sur l’ensemble des chantiers qui touchent aujourd’hui aux conditions de rémunération et de travail dans les entreprises. La discussion salariale devra s’ouvrir dans toutes les branches professionnelles. Une conférence salariale annuelle devra avoir lieu, mais, parce que les salariés savent trop que ces négociations se réduisent en général à de tristes farces, nous devrons revoir leur cadre. Aucune revalorisation des salaires ne sera possible sans revitalisation de la négociation salariale. Ces conférences qui seront tripartites montreront comment il est possible d’utiliser la puissance publique pour corriger l’inégalité du rapport de forces dans les entreprises, comment nous pouvons contrebalancer la pression du chômage de masse sur les salaires. Certes, cette proposition demande d’énormes changements mais notre rôle n’est il pas de bousculer la société, de refuser cette lente agonie dans laquelle la droite veut nous faire tomber. Nous refusons de nous laisser enfermer dans ce déséquilibre actuel qui prévaut dans le rapport de forces entre le capital et le travail. C’est aussi le combat de notre génération.

Commenter cet article