Première proposition

Publié le par Animateur Fédéral

1- Mettre les jeunes en sécurité sociale : une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation ou en insertion

La jeunesse connaît aujourd’hui une situation de précarité grandissante. Pour la première fois, une génération a comme horizon de vivre moins bien que la génération précédente. Etudiants (et même lycéens) contraints de se salarier, jeunes au chômage, baladés de stages bidon en CDD, de contrats aidés en missions d’intérim...

Il faut briser définitivement l’image d’Epinal de la jeunesse dorée et insouciante, héritée des années 1960. Les jeunes sont victimes de politiques publiques qui les stigmatisent ou les ignorent : ils n’ont pas droit au RMI, les contrats spécifiques qui leur sont réservés sont très souvent des sous-contrats, le système d’aide sociale en direction des étudiants est injuste et insuffisant (des bourses très faibles qui ignorent la situation réelle du jeune, des réductions fiscales aux familles les plus aisées). Si les jeunes ne constituent pas une catégorie sociale homogène, ils ont pourtant une aspiration commune à l’autonomie et le besoin en commun d’acquérir le plus haut niveau de qualification possible et de former leur esprit critique, afin de s’insérer au mieux sur le marché du travail et plus largement dans la société. Entre l’enfance et l’âge adulte, entre la dépendance vis-à-vis de ses parents et le salariat, une nouvelle période dans la vie d’un individu est apparue massivement. Cette période de formation et d’insertion se traverse sans protection, sans filets de sécurité : entre dépendance vis-à-vis de la famille et vis-à-vis de la précarité du travail. Les jeunes en formation connaissent une période de risque majeur. A l’image de la création du régime des retraites par répartition, il s’agit aujourd’hui d’assurer les jeunes en formation contre le risque de dépendance inhérent à cet âge de la vie. Il faut mettre la jeunesse en sécurité sociale. La création d’un statut social du jeune en formation ou en insertion, auquel serait liée une aide financière, l’allocation d’autonomie, et un certain nombre d’avantages (dans le domaine de la santé, de la culture, du sport, des transports...) permettrait à chaque jeune de se consacrer à sa formation.

L’allocation d’autonomie : la refonte du système actuel

Une aide unique... Ce système d’aide consiste dans une refonte de l’ensemble des aides sociales existantes. Il s’agirait d’une aide unique, pour l’ensemble des jeunes en formation ou en insertion.

...et universelle Elle serait attribuée à tous les jeunes sur la base d’un projet de formation, et liée à la poursuite effective de ce projet. Un plafond d’heures travaillées et de revenus salariaux serait fixé, au-delà duquel le jeune en formation n’aura plus accès à l’allocation autonomie, son statut de salarié primant alors sur celui d’étudiant.

Une aide juste Son montant doit être individualisé, en fonction de la situation propre du jeune, et non uniquement de celle de sa famille. L’allocation serait également individualisée en fonction de plusieurs critères : logement indépendant ou non, coût de la vie, mobilité à l’étranger, etc. Chaque jeune aurait à remplir une déclaration fiscale indépendante pour bénéficier de l’aide. L’allocation autonomie serait bien plus juste que le système actuel, qui aide surtout les familles, et davantage les familles aisées.

Une gestion du système par les jeunes eux-mêmes Les jeunes doivent pouvoir gérer eux-mêmes les fonds destinés à permettre leur formation et leur insertion.

Sur le financement Il proviendrait de la mise en commun les aides aujourd’hui existantes (7 milliards d’euros, soit la moitié de la somme nécessaire) et de la mobilisation de moyens supplémentaires, qui pourraient provenir à la fois de l’Etat et de cotisations sociales. C’est question de priorité politique (à comparer par exemple avec les 20 milliards d’euros d’exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises, dont une grande partie est censée leur permettre d’embaucher des jeunes). L’allocation d’autonomie a pour vocation de permettre à chaque jeune quelle que soit son origine sociale de se consacrer pleinement à sa formation initiale, afin de se préparer au mieux à une insertion professionnelle durable et de qualité.

Bien sûr l’allocation d’autonomie pour les jeunes en formation ne prétend pas répondre à tous les problèmes des jeunes, notamment quant à leur entrée sur le marché du travail. Elle devra s’articuler avec d’autres dispositifs : aide et accompagnement à la recherche du premier emploi, réduction de la précarité des emplois, réforme de la formation continue pour assurer une meilleure formation professionnelle des jeunes dans l’entreprise, encadrement des stages, etc.

Un service citoyen obligatoire De même, l’allocation d’autonomie constitue le volet financier du statut social des jeunes. Pour redonner l’espoir à la jeunesse, favoriser l’égalité, la mixité sociale, le brassage géographique, le MJS promeut l’idée d’un service citoyen obligatoire pour tous les jeunes. Il est logique que les jeunes, à qui serait attribuée une allocation d’autonomie pour se former, aient un devoir d’engagement et de solidarité envers la collectivité.

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Julie marty 05/05/2006 11:09

 
AUX ARMES LA JEUNESSE !
 
 
Quel jeune socialiste aurait pu penser qu’après la crise sans précédent que vient de traverser le pays, qu’après la mobilisation massive des jeunes dans la 
rue tous unis contre le Contrat Première Embauche, François Hollande, Premier Secrétaire du Parti Socialiste rejette l’idée d’intégrer « l’allocation 
Autonomie » dans le programme des socialistes de 2007 !
 
Qu’est-ce que l’allocation Autonomie ?
 
-   C’est d’abord une des premières revendications depuis plus de dix ans du Mouvement des Jeunes Socialistes et de l’UNEF (1er syndicat étudiant). 
-    C’est ensuite la possibilité pour tout jeune âgé de plus de 16 ans de pouvoir mener à bien son projet éducatif et professionnel sans passer par la case « 
Mc Do » pour financer ses études. 
-  C’est une mesure qui avait déjà été intégrée, de manière édulcorée, par le Parti Socialiste dans le programme du candidat aux présidentielles en 2002.
 
Il s’agit en effet grâce à une refonte du système de bourse actuel, des aides au logement et de l’impôt sur le revenu des ménages, de donner à chaque 
jeune une Allocation Autonomie qui lui permette de subvenir à ses besoins sans avoir à être dépendant de ses parents pendant ses études, sa formation 
ou sa recherche d’emploi. Techniquement, il s’agit de permettre à un jeune de ne plus être considéré à la charge de ses parents en allouant la ½ part ou 
part entière accordée à la famille au financement de cette allocation autonomie.
 
Il n’est pas pensable aujourd’hui que des jeunes sortent du système scolaire sans qualifications. Il n’est pas pensable que des étudiants mettent fin à leurs 
études parce que l’argent manque.
 
C’est toute la question de l’autonomie et de l’indépendance des jeunes qui est en jeu. Nous, Socialistes, jeunes ou moins jeunes n’avons pas le droit de 
laisser la jeunesse sur le bord de la route.
 
La jeunesse c’est l’avenir d’une Nation, ne la gâchons pas !
 
Nous appelons tous les militants et anciens militants ayant oeuvré dans la jeunesse à défendre cette proposition, à signer cet appel et à demander à ce 
que cette proposition puisse être défendue dans le cadre du Projet du Parti Socialiste.
 
Pour signer cet appel envoyez un mail à : appel.allocation@free.fr et retrouver le texte sur http://appel.allocation.free.fr