10 mai 2007 : un anniversaire et deux leçons

Publié le par Animateur Fédéral

 

Le 10 mai 1981, après 23 années d’opposition, la gauche accédait enfin au pouvoir. Quelques jours plus tard François Miterrand déclarait, "il n’y a qu’un vainqueur le 10 mai 1981, c’est l’espoir"

25 ans plus tard, cette victoire qui pour Mitterrand fut d’abord celle "des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de création, des force de renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national pour l’emploi, la paix, la liberté" appelle de nous, certes la nécessaire commémoration mais aussi et surtout un regard sur l’héritage à l’éclairage de l’actualité tant pour la famille socialiste à moins d’un an de l’élection présidentielle que pour cette triste France de 2006 frappée de l’incompétence et du clanisme de ses dirigeants.

Regard instructif et leçons d’histoire pour la gauche et les socialistes tout d’abord. La victoire de F.MITERRAND fut un élan. Un élan d’espoir porté par une dynamique sociale, culturelle et politique. Cette victoire "inéluctable" était portée par "les forces de la jeunesse et du travail". C’était la victoire d’un camp. L’unité de la gauche et le rassemblement autour d’un projet politique, les 110 propositions voulant répondre aux aspirations de ceux qui avait pour intérêt le changement fondé sur des valeurs de justice et de transformation sociale, l’aspiration d’un camp à l’alternance par l’alternative.

Cette victoire reposa sur trois éléments fondamentaux, le rassemblement de la gauche dont le PS fut l’un des principaux artisans, une identification et une lecture claire et partisane des rapports de forces à l’oeuvre dans une société où par définition la base sociale de la gauche majoritaire se doit d’être mise en mouvement au travers d’une alternative proposée et enfin un appareil militant, le Parti Socialiste, complètement intégré à la stratégie de campagne, réactif, mobilisé et à l’implantation croissante tant du point de vue géographique que social au plus près de la jeunesse, du monde du travail, de la culture et de l’éducation.

A moins d’un an des échéances de 2007, c’est aussi là le message des 25 ans de la victoire du 10 mai 1981. Responsabilité et humilité, rassemblement et conquête, espoir et transformation.

D’autre part, chacun garde à l’esprit les grandes réformes qui suivirent la victoire de François Mitterrand : la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux renforçant les droits des travailleurs dans les entreprises ; les 39 heures, qui annonçaient les 35 heures réalisées par le gouvernement de Lionel Jospin ; l’impôt sur les grandes fortunes ; l’augmentation du SMIC ; les nationalisations, qui permirent de renflouer, dynamiser, et souvent de sauver, beaucoup de grands groupes industriels français ; le rôle centrale de la France dans la construction européenne...

À ces grandes conquêtes économiques et sociales se sont ajoutées d’importantes avancées démocratiques : la peine de mort a été abolie, la décentralisation a rapproché les citoyens des centres de décision, la Haute autorité de l’audiovisuel a été créée, l’IVG a été prise en charge par la Sécurité sociale, l’effort historique fait pour l’éducation...

A l’heure où Sarkozy tente de donner à la France un visage inhumain trahissant son idéal de fraternité, de terre de solidarité par sa loi sur l’immigration, où les affaires annoncent clanisme et luttes intestines au sommet de l’Etat, après dix ans de Chirac marqués par la régression et la médiocratie dont la France et son peuple sont les principales victimes, un message nous parvient ce 10 mai 2006 :

Rassemblons-nous autour d’un projet de transformation, mettons nous en mouvement et unissons nos efforts car vite ! la France a besoin des socialistes...

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Marianne 12/05/2006 16:37

Mitterrand est certes à l'origine d'une immense vague d'espoir, de nombreuses conquête sociale et de l'engagement politique de nombreux militants de gauche.
Toutefois, je m'étonne que vous ne disiez pas un mot sur sa "part d'ombre"! L'affaire Bousquet, le génocide Rwandais, sa résignation face au chômage ("on a tout essayé" en juillet 1993) etc? 
Avez-vous oublié tout ça?
Je pense que pour apprécier les hommes, connaître l'histoire, se servir de ses leçons et faire avancer la gauche,  il faut être capable de regarder aussi les côtés plus sombres de notre passé!

Animateur Fédéral 13/05/2006 18:29

Tout à fait d'accord avec toi sur le fait que tout n'est pas "bien" ou "mal" et que tout doit être nuancé . La vie de Mitterand fut jalonnée de choses positives et de choses plus sombres .Je ne suis pas pour l'idéalisation de cette époque et de cet homme . Il faut avec un esprit critique faire le "bilan" des années qui nous ont précédé. C'est d'ailleurs avec notre regard jeune que nous pouvons se le permettre !
Le bilan de la gauche n'est pas toujours à la hauteur de ce que nous aurions aimé . Il nous faut en tirer les lecons pour mieux construire l'avenir ( proche !) !