Il y a 70 ans un vent nouveau soufflé sur la France

Publié le par Animateur Fédéral

Cela fait 70 ans , jour pour jour , que le Front Populaire était victorieux ! Enfoui dans nos "jeunes" mémoires , voici un bref mais complet rappel de l'Oeuvre des éminentes personnalités qui composaient ce gouvernement d'Union de la gauche comme Blum , Lagrange , Salengro , ...Il est important d'avoir en mémoire l'histoire du socialisme français pour mieux avancer vers l'Avenir !

Bonne lecture !


Le Front populaire fut une coalition des partis de la gauche, le PCF, la SFIO, l'Union socialiste républicaine de Paul Ramadier et le Parti radical, qui gouverna la France de 1936 à 1938, auxquels se sont ajoutés un mouvement d'anciens combattants et des mouvements plutôt intellectuels : la Ligue des droits de l'homme, le Mouvement contre la guerre et le fascisme et le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Le fut une coalition des partis de la gauche, le

 


Formation

C'est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans L'Humanité, appela pour la première fois en France à la formation d'un « Front populaire » (l'expression est de Eugen Fried). Il présenta d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il proposa aussi d'associer à ce Front populaire les radicaux, qui était le parti le mieux représenté à la Chambre et qui, après la dislocation du second Cartel des gauches participait à un gouvernement d'Union Nationale avec le centre droit et la droite modérée.

Les accords du Front populaire permirent la victoire aux élections législatives le 3 mai 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République.

La gauche avait alors obtenu 376 députés sur 618, dont 146 pour la SFIO.

Léon Blum, alors dirigeant de la SFIO, devint président du Conseil à partir du mois de juin. Il « ne se charg[eait] d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement ». Le gouvernement était alors composé seulement de 20 socialistes, 13 radicaux et 2 républicains socialistes, les communistes le soutenant de l'extérieur.

 Ce gouvernement de Front populaire fut le premier à accueillir 3 femmes ministres (Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschwicg) alors que celles-ci n'avaient toujours pas le droit de vote. Un sous-secrétariat d'État aux Sports et aux loisirs est créé (il fut tourné en dérision par la droite et l'extrême droite qui le qualifiaient de « ministère de la paresse »).

Les causes de la victoire du Front populaire sont multiples : crise économique, montée d'Adolf Hitler, scandales financiers, instabilité du gouvernement de la législature de 1932, existence des ligues d'extrême-droite, armées de plus en plus nombreuses, émeute antiparlementaire du 6 février 1934. Tous ces éléments ont participé à son émergence.


Action

Ce succès électoral éveilla chez l'ensemble des travailleurs un immense espoir. Ainsi, un mouvement de grève et d'occupation d'usines se mit en place, gagnant toute la France. Près de 2 millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays. Les patrons, craignant au plus haut point une révolution bolchevique, s'empressèrent de négocier sous l'égide du gouvernement dans le but d'obtenir la reprise du travail.

Ainsi, le 7 juin 1936, les accords de Matignon furent signés par la CGT et le patronat, à l'initiative du gouvernement. Ces accords mettaient en place entre autres le droit syndical et prévoyaient une hausse des salaires de plus de 7 à 15 % selon les branches. Quelques jours plus tard, grâce à deux lois votées par le Parlement, les premiers congés payés (2 semaines) furent instaurés, et la semaine de travail passa de 48 à 40 heures. Pour les ouvriers et employés partant en vacances, Léo Lagrange créa des billets de train avec 40 % de réduction, qui existent toujours.
Ces accords n'empêchèrent pas les grèves et les occupations de se poursuivre, souvent jusqu'en juillet.

Le 29 juillet, fut votée la retraite des mineurs et le 28 août, une loi sur les allocations chômage. Une politique de nationalisations fut mise sur pied, dans l'industrie aéronautique, d'armement (7 août), puis dans les chemins de fer (naissance de la SNCF en 1937). La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l'État s'accrut et le droit de vote s'étendit à tous les actionnaires (il était jusqu'alors réservés aux 200 plus gros).

Le 28 août, fut adopté un budget de 20 milliards de F pour de grands travaux.

Un Office national interprofessionnel du blé (Onib) eut pour charge de soutenir les prix payés aux agriculteurs, très durement touchés par la crise. Georges Monnet, ministre de l'Agriculture, ne réussit pas à faire adopter la création d'autres offices pour les autres productions, devant les réticences du Sénat, mais l'Onib servit de modèle aux structures créées après la Libération, voire à celles mises en place par la Politique agricole commune (PAC). La politique d'électrification des communes rurales, très énergique dans les années 1920 sous Henri Queuille, fut reprise.

En matière coloniale, les réalisations furent plus difficiles, en raison du profond conservatisme des colons, très puissants, et du dynamisme de mouvements politiques locaux, qui préfèrent souvent l'indépendance à l'égalité des droits. Ainsi, le projet Blum-Violette étendant la nationalité française à certains Algériens est-il bloqué par le Sénat, comme le projet d'accorder l'indépendance aux mandats du Liban et de la Syrie. En Tunisie, les colons les plus influents « tinrent l'avènement du Front populaire pour une catastrophe cosmique et [le sous-secrétaire d'État] Pierre Viénot pour l'Antéchrist [...] » (Charles-André Julien, dans Léon Blum, chef de gouvernement) : ils déployèrent donc tous leurs efforts pour saboter la politique menée. Mais pour la première fois, un dialogue est ébauché, une politique réformiste est envisagée : c'est un premier dépassement du clivage entre le colonialisme pur et dur d'une part, la sécession immédiate d'autre part, d'où naît, après 1944, la décolonisation. Le code de l'indigénat est vidé de sa substance par Marius Moutet, qui s'efforce d'améliorer le sort des colonisés et de les associer à l'administration de leurs territoires. La nomination d'un noir, Félix Éboué, comme gouverneur de la Guadeloupe, puis du Tchad, est une petite révolution.

Le Front populaire fit aussi un gros effort en matière d'éducation et loisirs. La scolarité obligatoire fut portée dès 1936 à quatorze ans, les passerelles entre l'enseignement primaire et les lycées furent multipliées — dans le prolongement de l'œuvre entreprise par Édouard Herriot quelques années plus tôt — les collections des grands musées furent enrichies et leurs tarifs réduits pour les gens modestes. Le musée d'art moderne, le musée des Arts et traditions populaire, le palais de la Découverte, le musée de l'Homme et le CNRS sont des créations du Front populaire. L'ENA fut créée en 1945 par Michel Debré sur un projet de Jean Zay qui n'avait pas pu voir le jour à cause de la guerre.

Mais les difficultés de la France ne furent pas pour autant effacées. En effet, la France était dans une grave crise économique depuis 1931, et la politique économique du Front populaire ne parvint pas à relancer la production, la consommation, ni à réduire le chômage. Ainsi, la hausse des prix annula vite celle des salaires prévue par les accords de Matignon. Ce fut une des causes de la chute du Front populaire, très vivement critiqué par la presse dès l'automne 1936. Une campagne médiatique agressivement diffamatoire conduisit Roger Salengro, ministre SFIO, à se suicider.

Le contexte international fut également une autre cause. En effet, alors que la guerre civile en Espagne venait d'éclater en juillet 1936, les socialistes et les communistes affrontèrent les radicaux pour savoir si la France devait soutenir militairement les républicains espagnols face aux Franquistes. Sous la pression du gouvernement conservateur britannique de Baldwin et des radicaux, Léon Blum décida la « non-intervention » française, à un moment où la société française est, suite à la Grande Guerre profondément pacifiste dans sa majorité.  En réalité, cette non-intervention se traduisit par un blocus partiel de la frontière espagnole, y compris pour les commandes d'armes déjà passées et payées avant le coup d'État militaire. L'Espagne républicaine fut toutefois aidée discrètement par des contrats fictifs avec d'autres pays, les armes passant en Espagne. Jules Moch et Pierre Cot coordonnèrent cette action. Après sa démission, Léon Blum conditionna, jusqu'en 1939, le soutien la SFIO à la poursuite de cette assistance.
Conscient des menaces fascistes sur la paix, il augmenta sensiblement les dépenses militaires du pays. La nationalisation des industries d'armement et la politique énergique des nouveaux responsables relancèrent le potentiel français d'armement. On peut noter que les rapports avec l'
Italie furent beaucoup plus difficiles qu'avec l'Allemagne, en raison de la politique agressive de Mussolini dans les colonies, et notamment en Éthiopie, auprès de laquelle se trouvait la colonie française de Djibouti.


Crise

Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvint à résoudre la crise sociale. Mais dès l'été 1936, il dut faire face à diverses difficultés, parmi lesquelles la dévaluation du franc à cause de la situation monétaire et la politique financière en général, qui transformèrent l'inquiétude de la droite en opposition résolue.

Les calomnies de l'extrême droite visaient toutes les personnalités du Front populaire. Elles eurent notamment pour conséquence le suicide du ministre de l'Intérieur Roger Salengro. L'arrivée de Blum au pouvoir déclencha aussi une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur.

Dans la presse française se formèrent deux camps bien distincts, d'une part les partisans du Front populaire (L'Humanité, Le Populaire, L'Œuvre, Vendredi, Marianne, etc.), d'autre part les opposants (L'Action française, L'Ami du peuple, Le Jour, Candide, Gringoire, Je suis partout, à l'extrême droite ; L'Écho de Paris, Le Temps à droite etc.). Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouèrent la carte de la neutralité. La presse allant dans le sens du Front populaire était largement plus faible que la presse d'opposition, et l'une comme l'autre contribueront à l'échec du gouvernement de Front populaire. C'est dans la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, que parurent les analyses les plus objectives.

Ainsi en avril 1938, après avoir été rappelé par le président de la République, Albert Lebrun, Léon Blum démissionna, n'arrivant pas à obtenir les pleins pouvoirs financiers auprès du Sénat, dans le but d'appliquer de grandes réformes financières pour sortir la France du marasme économique. Le radical Edouard Daladier le remplaça, décidé à « remettre la France au travail ».


Bilan

Le bilan du Front populaire est à certains égards mitigé, mais cette brève expérience permit tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés, semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc.

Malgré tous les problèmes auxquels a dû faire face le Front populaire, il a marqué les mémoires, et suscitera bien des passions.  Mais surtout, on retiendra de cette période les grandes avancées sociales encore présentes aujourd'hui comme   les premiers congés payés qui permirent pour la première fois aux travailleurs de partir en vacances, cette « éclaircie dans les vies difficiles », comme le dit Léon Blum.


Personnalités du Front populaire

  • Léon Blum (président du Conseil)
  • Édouard Daladier (vice-président du Conseil et Ministre de la Défense Nationale)
  • Roger Salengro (ministre de l'Intérieur)
  • Vincent Auriol (ministre des Finances)
  • Jean-Baptiste Lebas (ministre du Travail)
  • Jean Zay (ministre de l'Éducation Nationale)
  • Camille Chautemps
  • Victor Basch
  • Gabriel Péri
  • Marceau Pivert
  • Léo Lagrange

D'Après Wikipédia - Encyclopédie libre sur le net

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Marianne 03/05/2006 10:26

Merci pour ce rappel historique!
C'est important de se dire que nous sommes issus de luttes sociales et qu'il nous appartient de continuer le combat!
Bon courage à tous les camarades de l'Oise.
Le MJS 54