12ème Proposition

Publié le par Animateur Fédéral

12- Premier pas vers le devoir de mémoire : mettre fin à la Françafrique

République française. Le communautarisme se nourrit aussi du refus des différents gouvernements français de faire un devoir de mémoire sur notre histoire coloniale. Parce que c’est en Afrique que la présence française a été la plus meurtrière, la plus longue et la plus violente, le MJS a décidé de faire de la Françafrique son premier combat pour le devoir de mémoire. Lorsque la France s’est résignée à reconnaître l’indépendance à ses anciennes colonies, un système s’est mis en place pour maintenir ces pays en situation de dépendance. Système néo-colonial bloquant le développement des anciennes colonies françaises, par un détournement systématique des rentes créées par les ressources naturelles et de l’aide publique au développement, la Françafrique a pendant de longues années enrichi les dictateurs africains et leurs complices français, tout en maintenant dans l’extrême pauvreté les populations locales. Ce système a favorisé les dictatures, les guerres et les déstabilisations des gouvernements démocratiques. Pilier de ce système, Chirac a poussé le cynisme extrêmement loin. « Les Africains ne sont pas murs pour la démocratie », déclarait-il il dans les années 80. En soutenant jusqu’au bout le régime dictatorial du clan Eyadema au Togo, en cautionnant des mascarades électorales au Gabon, au Burkina Faso ou ailleurs, Chirac a encore prouvé dans ces dernières années que c’était lui et son clan qui n’était pas mur à accepter les transitions démocratiques dans les anciennes colonies. Sortir de la Françafrique, c’est assumer le devoir de mémoire La politique africaine de la France porte de nombreux signes directement hérités de la période coloniale. La France n’a pas su regarder avec lucidité ses responsabilités pendant cette période, comme l’a démontré de manière caricaturale le débat sur l’article 4 de la loi du 23 février demandant aux programmes scolaires de mettre en avant « l’aspect positif de la colonisation ». Vécu à juste titre comme une insulte pour les fils et filles de colonisés comme pour tous les témoins des crimes commis au nom de la « grandeur » colonial. Le devoir de mémoire, c’est assumer aussi cet héritage là. C’est également reconnaître les crimes néo-coloniaux commis au nom de la Françafrique. La France doit reconnaître ses responsabilités auprès des peuples des pays qui ont directement souffert au nom des intérêts françafricains, notamment par le soutien de la France à des dictateurs. Par ailleurs, il est plus que nécessaire d’éclaircir le rôle des militaires français dans le génocide Rwandais. Il n’est pas question pour nous de prendre partie pour telle ou telle partie. Il est question d’assumer notre responsabilité historique et de présenter au peuple rwandais nos excuses pour les complicités ou manques dans l’action de la France. Sortir de la Françafrique, c’est arrêter le soutien politique et militaire aux dictatures La France est liée aujourd’hui à de nombreux pays africains dans le cadre d’accords de sécurité et de défense dont il est impossible de connaître le contenu concret. Nous demandons la renégociation de ces accords de sécurité dans un cadre européen. Nous demandons d’en finir avec le fait que la politique africaine de la France soit de la seule responsabilité du chef de l’Etat. Un réel contrôle parlementaire doit être assuré. Les bases militaires françaises doivent être progressivement fermées en parallèle au développement des capacités propres de l’Union Africaine et de l’ONU. Nous demandons également de limiter au maximum la coopération bilatérale avec les pays ne respectant pas les critères démocratiques. La France doit arrêter de cautionner des élections truquées, comme cela a été le cas récemment au Togo, au Gabon ou au Cameroun. Sortir de la Françafrique, c’est une autre politique du développement Les pays du Nord doivent assumer la responsabilité de la solidarité avec les pays du Sud ; les positions du MJS sur cette question sont connues. Il faut augmenter de manière massive l’aide au développement, annuler la dette des pays pauvres, mettre en place un système international de taxation type Tobin afin de financer le développement. Il existe un autre préalable : faire en sorte que l’aide apportée par la France ou l’Union Européenne serve réellement à la réduction de la pauvreté et au développement des populations locales. Jusqu’à présent, l’APD française était distribué de manière clientéliste permettant à la fois de « remercier » les dictateurs africains pour leur actif soutien à la Françafrique et d’enrichir certaines grandes multinationales françaises (Elf-Total, Bolloré, Bouygues) raflant tous les contrats liés à l’Aide Publique au Développement. Il faut aller plus loin dans la réforme de la coopération initiée par Josselin et le gouvernement Jospin. L’européanisation de l’aide peut-être une solution si l’Europe ne se met pas au service des intérêts des anciennes puissances coloniales. Il faut également intensifier la lutte contre les paradis fiscaux qui servent encore aujourd’hui au détournement des rentes liées aux à l’exploitation des ressources naturelles ou du détournement de l’aide publique au développement.

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