8ème Proposition

Publié le par Animateur Fédéral

8- Une révolution pédagogique pour démocratiser une école dotée de moyens à la hauteur de ce défi : des nouveaux dispositifs pour un suivi personnalisé des élèves

Le système éducatif français reproduit les inégalités sociales et ne permet pas à tous d’acquérir les connaissances et les compétences auquel chaque citoyen a droit. Cette situation génère un malaise chez les enseignants qui s’interrogent sur leurs missions, et est source de mal-être (au sein de l’OCDE, les élèves français sont ceux qui souffrent le plus à l’école) et de frustrations liées à la culpabilité individuelle de l’échec pour les jeunes. De la maternelle à l’université, ce sont autant de symptômes d’un système tout entier bâti pour former des élites, articulé sur l’évaluation vue comme une sanction et un instrument de classification dans une compétition scolaire sans fin et destructrice. Si le niveau ne fait que progresser à mesure que le système continue de se massifier, cette dynamique de progrès butte aujourd’hui sur un académisme et une ultra-sélectivité incompatibles avec l’objectif d’élévation de la qualification de l’ensemble des Français et la promesse républicaine d’égalité.

Pour démocratiser l’école, c’est d’une révolution pédagogique dont nous avons besoin, en commençant par la mise en place de dispositifs de suivi personnalisés des élèves.

Cela passe tout d’abord par la reconnaissance effective d’un droit à apprendre à son propre rythme. L’école de la République ne peut se satisfaire du « Tant pis pour celui qui décroche ». Il faut casser cette logique et la remplacer par la priorité donnée à l’acquisition des connaissances à chaque sortie de cycle. A cet égard, les « vieilles méthodes » reposant sur le fantasme d’une école disciplinaire véhiculé par la droite ont fait la preuve de leur inefficacité en terme de transmission des savoirs et de résorption des inégalités sociales. A la passivité des élèves dans des classes surchargées la France doit substituer une pédagogie rendant les élèves acteurs de leur éducation et des classes de taille raisonnable permettant des suivis individualisés et de vrais dynamiques de groupe. Cela passe par un renouvellement de la formation dans les IUFM. De même, l’évaluation doit être revue pour déboucher sur de véritables bilans de connaissance permettant de mesurer des niveaux de progression et être un outil de formation. C’est pourquoi nous prônons la suppression des notes jusqu’au niveau de la troisième. Le système scolaire finlandais s’inspire de ces méthodes, il est reconnu par l’OCDE comme le meilleur tant en termes d’appropriation des savoirs et savoir-faire qu’en terme de réduction des inégalités sociales.

Si cette révolution pédagogique est nécessaire, elle n’est pas suffisante. En effet, la droite n’a eu de cesse de maltraiter l’éducation. Aujourd’hui la question des moyens est fondamentale. C’est aussi une condition essentielle de la réussite de cette révolution pédagogique. Il faut aujourd’hui redéployer les moyens surabondants accordés à la défense vers l’éducation. De même, la place de l’éducation périscolaire, et en particulier de l’éducation populaire doit être revalorisée si l’on veut améliorer l’efficacité de l’éducation et s’attaquer réellement aux inégalités. La sectorisation des établissements doit également favoriser la mixité sociale plus qu’elle ne le fait actuellement. La démocratisation repose aussi sur le retour de l’âge obligatoire de la scolarité à 16 ans, la mise en place d’un service public de la petite enfance, et une refonte du service public d’orientation. Enfin, le débat sur l’unification du service public d’éducation mérite d’être reposé. La droite a rallumé la guerre scolaire de manière irresponsable. Aujourd’hui l’afflux d’élèves dans le privé siphonne les moyens déjà fortement diminués du service public. Cela ne fait que renforcer les inégalités.

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