Fin d'un modèle politique clientéliste et destructeur en Italie

Publié le par Animateur Fédéral

Après des longues heures d'incertitudes , les résultats des éléctions italiennes ont parlé...la gauche unie représentée par Prodi , el professor , a gagné ! C'est enfin la fin d'un régime inadmissible mené de mains de maitre par Berlusconi ...Nous felicitons nos camardes trans-alpins .Les "couillons" sont donc majoritaires en Italie...en espérant que ca sera là meme chose chez nous dans 1 an.Maintenant la tache qui repose sur les épaules de Prodi et des 14 mouvements de sa coalition de centre gauche est énorme . La situation laissée par Berlusconi , comme celle que nous laisse Chirac et son équipe , est catastrophique . Il va falloir que la gauche italienne sache mettre en place son programme de changement afin de prouver aux italiens qu'ils ont eu raison de leur faire confiance.

De plus , sur un plan international , GW Bush perd l'un de ses plus fidèles compagnons de route et de guerre . C'est pour nous tous une victoire !

Après notre 1ère victoire contre l'UMP hier , voici une nouvelle victoire contre le libéralisme aujourd'hui avec cette réussite de Prodi! Dur printemps pour le liberalisme !

Pour ceux que ca interesse :

 


 

Changements proposés par Prodi :

- En politique étrangère:

Europe: retour de l'Italie comme membre actif de la construction européenne. A l'eurosceptique Berlusconi succède un ancien président de la Commisssion de Bruxelles, pro-européen convaincu, qui a notamment qualifié son pays pour l'euro.

Etats-Unis: avec la défaite de Silvio Berlusconi le président américain George W. Bush perd l'un de ses plus fidèles alliés en Europe aprés l'espagnol José Maria Aznar, battu en mars 2004 par le socialiste José Luis Rodrigues Zapatero.

M. Berlusconi, fervent partisan du libéralisme et du leadership américain, a constammment soutenu, tout au long de ses 5 ans au pouvoir, les positions prises par son "ami" Bush.

M. Prodi, dont la coalition comprend tous les partis de gauche, et notamment des communistes, reviendra à une position nettement moins alignée sur celle des Etats-Unis.

Irak: Romano Prodi a promis de retirer les quelques 3.000 soldats italiens en Irak "le plus rapidement possible en concertation avec les autorités irakiennes". M. Berlusconi s'était engagé à rapatrier les soldats avant la fin de 2006.

Israël: M. Berlusconi avait adopté une position considérée comme favorable à Israël. Romano Prodi devrait revenir à une position plus traditionnelle d'équilibre entre Palestiniens et Israéliens.

- En politique intérieure:

Economie: face à une politique qualifiée de "libérale" sous Silvio Berlusconi et qui laissait filer les déficits publics, Romano Prodi s'est engagé à assainir les finances publiques.

Impôts: Romano Prodi a promis d'engager la lutte contre l'évasion fiscale avec pour objectif de récupérer "au moins un tiers des 200 millards d'euros" généralement considérés comme échappant à l'impôt. Silvio Berlusconi, durant la campagne, avait affirmé qu'il "comprenait" les petits contribuables cherchant à éviter l'impôt et s'était fait le champion du "moins d'impôt, moins d'Etat"

Industrie: Romano Prodi s'est engagé à une réduction, pour les entreprise, de 5% du coût du travail.

Natalité: prime de 200 euros mensuels pour chaque enfant italien jusqu'à l'âge de 18 ans. Le taux de natalité italien est parmi les plus bas d'Europe et ne suffit pas à assurer le renouvellement des générations.

 

 


 

Pour la petite histoire (c'est drolement ressemblant à quelqu'un...)  :

Battu aux législatives par Romano Prodi, Silvio Berlusconi ne pourra plus désormais compter sur une majorité docile pour le protéger par des lois "ad personam" des nombreuses enquêtes judiciaires qui l'ont visé depuis son entrée en politique en 1993.

Depuis 2003, il est en effet sous le coup d'une enquête pour fraude fiscale et corruption de témoin pour l'achat et la vente de droits télévisés et cinématographiques par sa Holding Mediaset. La première audience préliminaire a été fixée au 5 juin 2006 par le parquet de Milan (nord de l'Italie).

M. Berlusconi a été déjà condamné à trois reprises en première instance en 1997 et 1998 à un total de six ans et cinq mois de prison ferme pour corruption, faux en bilan et financement illicite d'un parti politique. Il a depuis été acquitté ou a bénéficié de la prescription des délits, parfois grâce à un vote de sa majorité parlementaire.

Voici la liste de ces affaires:

- 1994: corruption de policiers. Accusé d'avoir versé des pots-de-vin à la police financière (Guardia di Finanza), il est condamné en première instance en juillet 1998 à 33 mois de prison. Acquitté en appel en mai 2000 en partie pour prescription, il est innocenté en Cassation en octobre 2001.

- 1995: faux en bilan. Accusé d'avoir financé en partie avec des fonds d'une caisse noire l'achat du joueur de football Gianluigi Lentini pour son club, le Milan AC, il bénéficie de la prescription en novembre 2002, grâce à une loi dépénalisant partiellement le faux en bilan, votée par sa majorité au Parlement.

- 1995: fraude fiscale. Accusé de fraude fiscale dans l'acquisition d'une luxueuse villa, à Macherio, près de Milan, il est acquitté par prescription. Couvert par une loi d'amnistie.

- 1995: faux en bilan. Accusé de faux en bilan et d'appropriation illicite lors de l'acquisition de la société cinématographique Medusa par ReteItalia, une société de sa holding, la Fininvest, Silvio Berlusconi est condamné à 16 mois de prison en première instance en décembre 1997. Il est acquitté en appel en février 2000 et absous en Cassation en octobre 2001.

- 1995: accusé de financement illégal du Parti socialiste italien (PSI) à travers une société off-shore, la All Iberian, il est condamné en première instance à 28 mois de prison en juillet 1998. Prescription en appel en octobre 1999. La Cassation confirme en 2000 la prescription.

- 1996: accusé de faux en bilan dans un autre volet de l'affaire All Iberian. Le tribunal l'a acquitté le 26 sept 2005 car la Justice a considéré que les faits reprochés ne représentaient plus un délit au regard de la nouvelle législation sur le faux en bilan adoptée en 2001.

- 1998: accusé de corruption de juge dans le rachat par la Fininvest de la maison d'édition Mondadori. Prescription en appel et acquittement en cassation en novembre 2001.

- 1998: accusé de corruption de juges dans l'affaire dite "SME" pour empêcher le rachat de cette société publique de produits agroalimentaires en 1985 par l'industriel Carlo De Benedetti. Silvio Berlusconi a été relaxé en décembre 2004 pour prescription des faits. Il a fait appel pour être totalement blanchi et le procès est en cours.

- Silvio Berlusconi est en outre poursuivi en Espagne depuis 1996 pour évasion fiscale et infraction à la législation antitrust dans l'affaire du rachat de Telecinco. L'instruction est suspendue depuis 2001.

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