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Publié le par Animateur Fédéral

Directive "Bolkestein": le Parlement européen débat sous pression de la rue :0031:
Depeche AFP du 14/02/2006 15h53



Le Parlement européen (PE) débattait mardi après-midi de la nouvelle mouture de la directive "Bolkestein" sur les services, au moment même où 30.000 à 40.000 manifestants de toute l'Europe battaient le pavé de Strasbourg.
Le cortège hérissé de drapeaux des syndicats participants a contourné le centre-ville et devait se disperser après des prises de paroles non loin du PE, dont l'accès était soigneusement bouclé.
Si dans la rue la manifestation n'a été entachée d'aucun incident, l'issue du vote jeudi au PE est encore incertain, les tractations continuant au sein des différents groupes politiques.
Le président du groupe socialiste (PSE), Martin Schulz, s'est dit confiant d'obtenir "une large majorité" pour le compromis négocié avec les conservateurs du PPE, en dépit de l'opposition affichée par les socialistes français.
De son côté le groupe PPE devait se réunir dans la soirée pour déterminer une position commune, de nombreuses voix en son sein estimant que certains points du compromis ouvraient la voix à des dérives protectionnistes.
Co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a lui dénoncé le manque de clarté du compromis, qui va essentiellement "créer de l'emploi pour les juristes européens: personne ne s'y retrouve. Tout le monde peut en dire une chose et son contraire".
Le projet de compromis élimine notamment la référence au controversé "principe du pays d'origine", selon lequel les règles en vigueur dans le pays d'origine prévalent pour les prestations de services transfrontalières.
La nouvelle mouture prévoit aussi que les Etats membres garderaient le droit de restreindre l'accès à leur marché pour des raisons de sécurité publique, de protection de l'environnement, de santé publique, mais aussi de politique sociale et de protection des consommateurs.
En tête du cortège, qui s'est ébranlé à l'heure prévue (13H00), une grande banderole rouge de la Confédération européenne des syndicats (CES) demandait en anglais des "services pour le peuple" et proclamait en français "il est temps de changer la directive".
Les organisations syndicales d'une vingtaine de pays, dont certains des nouveaux membres de l'Union, ont trouvé place dans un cortège très discipliné dont les gros bataillons étaient français et allemands.
"Nous manifestons pour des services pour tout le peuple, et pas pour des services seulement pour gagner de l'argent", a déclaré, en tête du cortège, le secrétaire général de la CES John Monks.
"Notre but était de créer un barrage contre ce libéralisme excessif", a aussi déclaré M. Monks à la radio BFM. "Le principe du pays d'origine (...), c'était de la dynamite pure pour les relations entre les Etats membres et les travailleurs".
En dépit du compromis négocié par leur groupe, les eurodéputés socialistes français participaient à la manifestation. Pour eux, bien que "formellement retiré de la directive", le principe du pays d'origine "demeure la clé de voûte de la stratégie de la Commission européenne". Laurent Fabius, leader socialiste du "non" français au référendum sur la Constitution européenne, s'est mêlé au petit groupe des élus européens.
Au même moment, entre 3.000 et 3.500 personnes venues surtout de France mais aussi d'Espagne et d'Andorre ont défilé au Perthus (Pyrénées Orientales) pour demander "le retrait définitif de la directive Bolkestein".
Et plus d'un millier de manifestants venus du Pays basque espagnol, de Navarre, d'Aragon ainsi que de toute l'Aquitaine ont défilé sur le pont reliant Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (Espagne) contre le projet de directive.

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