Le MJS face aux violences urbaines

Publié le par ANIMATEUR FEDERAL

 Positions du BN du MJS
Banlieues : une autre politique VITE !
 
La France vit depuis plus de dix jours une situation grave et préoccupante. Nos banlieues se sont embrasées. Des milliers de voitures, des écoles, des gymnases… Sans distinction, biens publics et biens privés sont les cibles d’un vandalisme inégalé et d’une ampleur telle, que le premier ministre en arrive à faire appel aux réservistes pour espérer un retour au calme.
 
Drame humain, après la mort de deux jeunes, électrocutés alors qu’ils tentaient d’échapper aux forces de l’ordre. Drame social, pour des milliers de personnes qui voient le peu de biens qu’ils possèdent - leur voiture - partir en fumée. Drame d’une génération, socialement exclue, et dont le seul mode d’expression de la révolte et de la colère est la violence. En définitive, c’est à la crise de la République que nous sommes tous, et collectivement confrontés. L’échec d’une société qui a failli dans son idéal de vivre ensemble et de progrès social dans le cadre des valeurs de la République constitutive de l’Etat de droit.
 
Pour le Mouvement des Jeunes Socialistes, l’urgence et la priorité de l’action publique doivent être le rétablissement de l’Etat de droit. Cela nécessite la condamnation des actes de vandalisme commis et le retour au calme et à la paix dans nos quartiers. Leurs habitants sont les premières victimes de la crise sociale et économique que nous traversons. Le triptyque prévention, sanction, réparation doit être redéployé et mis au centre de toute action visant à rétablir l’ordre.
 
Mais le rétablissement de l’Etat de droit c’est aussi le respect des personnes, quelles qu’elles soient. Tout citoyen a droit au respect. Pour cela, Nicolas Sarkozy doit s’excuser. S’excuser, pour avoir traité de « racailles » toute une partie des jeunes de ces pays. S’excuser, même si l’acte était accidentel, pour la bombe lacrymogène qui a explosé au sein même d’une mosquée. S’excuser, enfin, pour avoir menti au sujet des conditions qui ont mené à la mort tragique de deux adolescents dans un transformateur électrique d’escalier et qu’il s’est empressé de traiter de « cambrioleurs » alors que l’enquête vient de démontrer que cette affirmation était fausse.
 
Le Mouvement des Jeunes Socialistes demande donc au ministre de l’Intérieur de la République qu’il s’excuse ou  démissionne.
 
Au-delà des provocations d’un ministre pompier-pyromane, c’est la politique de la droite qui est en cause, solidaire de son ministre de l’Intérieur et tout entière rassemblée derrière une politique qui n’a eu pour seul objet depuis trois ans que de briser le pacte social et républicain. Pendant que la justice se fait à deux vitesses, pendant que les quartiers difficiles voient, années après années, geler l’ensemble de leurs financements destinés à la vie associative, aux politiques de prévention et d’éducation, après la suppression des emplois jeunes et le non respect des engagements budgétaires, la droite baisse les impôts des plus riches et privatise. Sa propre politique est une vision à courte vue, inefficace et dangereuse. Elle se résume à la répression quand elle ne fait pas appel à la régulation de l’ordre social par les imams comme le souhaite Nicolas Sarkozy. Depuis trois ans, l’Etat pénal et communautariste s’est substitué à l’Etat social et laïque. Nous en payons les frais.
 
Le Mouvement des Jeunes Socialistes réclame le retour de la police de proximité que les citoyens des quartiers et que nombre de syndicats de police considèrent eux-même comme une nécessité. Le MJS réclame aussi le rétablissement des budgets consacrés à la vie associative et à la politique de la ville ainsi que la création de postes d’éducateurs spécialisés.
 
 
Nous pensons que l’attitude de Sarkozy est préméditée, la violence attisée par ses propres déclarations est un guet-apens visant ses propres intérêts électoraux. C’est à la mobilisation sociale et politique de porter la colère que provoque la droite par son traitement de la crise sociale, économique et démocratique que traverse notre pays. Jeunes lycéens, jeunes précaires, jeunes à casquettes stigmatisés et harcelés par les contrôles au faciès d’une police mise sous pression par une culture du résultat imposée par la droite, nous sommes tous des victimes de la politique de la droite et de la guerre à la jeunesse qu’elle mène.
 
Quand une nation en appelle à ses réservistes afin de réguler l’ordre social c’est qu’il n’y a plus d’ordre social !
 
En 1995, Chirac nous a vendu la fracture sociale, dix ans plus tard c’est la faillite sociale. En 2002, l’insécurité était la grande cause nationale de la droite, trois ans plus tard c’est la guérilla urbaine. Nous n’attendons rien de la droite, ni de son chef qui refuse toujours de se présenter devant un juge. Piètre exemple du respect de l’esprit des lois, qui n’est pas pour rien dans le discrédit de la République aux yeux de nombreux.
 
Les policiers qui sont en première ligne, les citoyens de ces quartiers, les jeunes, et plus largement l’ensemble des classes moyennes et défavorisées sont les premières victimes de la droite.
 
La droite brade notre avenir, par son comportement elle menace la République. Aujourd’hui, le combat doit être social et politique pour porter l’alternative et défendre le droit à l’avenir de toute une génération. L’alternative à la droite n’est plus une question partisane, elle est de l’ordre de l’intérêt général de la République.

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